Information générale. Cette page ne remplace pas un avis médical. Seul un professionnel de santé peut interpréter vos symptômes ou vos résultats. Urgence : 15 (SAMU) ou 112.

Les effets secondaires des traitements du cancer

Les traitements du cancer peuvent entraîner des effets secondaires : fatigue, nausées, chute de cheveux, bouche sensible, baisse des cellules du sang, douleurs ou troubles de la peau. La plupart sont temporaires, se préviennent et se traitent. Cette page explique, pour chacun, pourquoi il survient, comment le limiter et qui prévenir.

Pourquoi des effets secondaires ?

Les traitements du cancer s'attaquent aux cellules d'une tumeur, mais ils peuvent aussi toucher certaines cellules saines, surtout celles qui se renouvellent vite : cheveux, sang, paroi de la bouche et du tube digestif. C'est ce qui explique la plupart des effets secondaires. Chaque traitement a son profil propre : la chimiothérapie, la radiothérapie, l'immunothérapie et les thérapies ciblées ne provoquent pas les mêmes effets.

Trois idées importantes à garder en tête. D'abord, les effets secondaires ne sont ni systématiques ni identiques d'une personne à l'autre. Ensuite, ils ne sont pas un signe que la maladie s'aggrave. Enfin, la plupart sont temporaires et, surtout, se préviennent et se traitent de mieux en mieux grâce aux soins de support. La règle d'or : signaler tôt, ne pas rester seul avec un symptôme.

La fatigue, l'effet le plus fréquent

Pourquoi : la fatigue liée au cancer (on parle d'asthénie) résulte de plusieurs facteurs combinés : le traitement lui-même, l'anémie possible, le stress, le sommeil perturbé, les déplacements. Elle est différente d'une fatigue ordinaire : le repos ne la fait pas toujours disparaître.

Prévention et soulagement : une activité physique adaptée (même douce) est l'un des moyens les plus efficaces pour la réduire. S'y ajoutent un sommeil régulier, des pauses dans la journée, le partage des tâches avec l'entourage et une alimentation suffisante.

Qui prévenir : votre équipe si la fatigue devient invalidante, car certaines causes (anémie, dénutrition, troubles du sommeil) se corrigent.

Nausées et troubles digestifs

Pourquoi : certains traitements irritent le système digestif ou stimulent la zone du cerveau qui déclenche les nausées. Diarrhée ou constipation peuvent aussi survenir.

Prévention et soulagement : des traitements préventifs efficaces sont prescrits avant et après les cures de chimiothérapie. Au quotidien, il est utile de fractionner les repas, de privilégier des aliments faciles à digérer, de manger lentement, et de bien s'hydrater. Signalez une diarrhée, surtout sous immunothérapie ou thérapie ciblée, car elle peut nécessiter une prise en charge spécifique.

Qui prévenir : l'équipe si les nausées ou la diarrhée vous empêchent de boire et de manger.

La chute des cheveux

Pourquoi : les cellules à la racine des cheveux se renouvellent vite et sont sensibles à certaines chimiothérapies. Tous les traitements ne provoquent pas la chute des cheveux : c'est surtout le cas de certaines chimiothérapies, beaucoup plus rarement des autres traitements.

Prévention et soulagement : un casque réfrigérant peut parfois être proposé pendant la cure pour limiter la chute. Des solutions existent pour vivre cette période (foulards, perruques, dont certaines sont prises en charge). L'essentiel à retenir : la chute est presque toujours temporaire et les cheveux repoussent après le traitement.

Qui prévenir : l'équipe, pour anticiper et connaître les solutions disponibles.

La mucite (bouche sensible)

Pourquoi : la mucite est une inflammation de la muqueuse de la bouche (sa paroi interne). Elle rend la bouche douloureuse, parfois avec des aphtes, et peut gêner pour manger. Elle est fréquente avec certaines chimiothérapies et la radiothérapie de la tête et du cou.

Prévention et soulagement : des soins de bouche réguliers et doux sont la meilleure prévention : brossage avec une brosse souple, bains de bouche conseillés par l'équipe, bonne hydratation. On évite les aliments épicés, acides, trop chauds ou trop secs.

Qui prévenir : l'équipe dès les premiers signes, car une mucite prise tôt se gère beaucoup mieux.

Les troubles du sang

Pourquoi : la moelle osseuse, qui fabrique les cellules du sang, peut être ralentie par certains traitements. Trois conséquences possibles : la baisse des globules blancs (les défenses contre les infections, dont la baisse profonde s'appelle l'aplasie), des globules rouges (anémie, qui accentue la fatigue) et des plaquettes (risque de saignements).

Prévention et soulagement : une prise de sang contrôle ces taux avant chaque cure. En période de baisse des défenses, des règles d'hygiène simples (lavage des mains, éviter les personnes malades) limitent le risque d'infection. C'est le trouble qui appelle la plus grande vigilance : voir l'encadré plus bas.

Qui prévenir : immédiatement l'équipe ou le 15 en cas de fièvre, de saignement ou de grande pâleur.

Les douleurs

Pourquoi : les douleurs peuvent venir de la maladie elle-même, d'un traitement (cicatrice après chirurgie, irritation après radiothérapie) ou d'effets comme la mucite. Certaines chimiothérapies entraînent des fourmillements dans les mains et les pieds (neuropathie).

Prévention et soulagement : la douleur n'est pas une fatalité : elle se prévient et se soulage. Il existe une prise en charge graduée, adaptée à chaque situation, parfois avec l'aide d'une consultation spécialisée. L'objectif est votre confort.

Qui prévenir : l'équipe, sans attendre, si une douleur apparaît ou n'est pas soulagée. La page douleur et tumeur détaille ce sujet.

Les troubles de la peau

Pourquoi : la peau peut être irritée par la radiothérapie (sur la zone traitée), sèche ou sensible avec certaines thérapies ciblées, ou le siège d'éruptions sous immunothérapie. Les ongles peuvent aussi être fragilisés.

Prévention et soulagement : des soins doux (hydratation, savon surgras), la protection contre le soleil et le respect des conseils de l'équipe limitent ces effets. Sur une zone irradiée, on évite frottements et produits irritants.

Qui prévenir : l'équipe en cas d'éruption étendue, de peau qui se fissure ou de plaies, en particulier sous immunothérapie où une atteinte cutanée doit être signalée tôt.

À retenir

  • La fatigue est l'effet le plus fréquent ; l'activité physique adaptée aide.
  • La plupart des effets sont temporaires et se préviennent.
  • La fièvre pendant une chimiothérapie est une urgence (aplasie).
  • Signaler tôt un symptôme, c'est mieux le soulager.

Soins de support et activité physique

Les soins de support regroupent tous les soins qui améliorent votre qualité de vie pendant et après les traitements, en plus du traitement du cancer lui-même. Ils comprennent notamment la prise en charge de la douleur, de la fatigue, des troubles digestifs, le soutien nutritionnel, l'accompagnement social et le soutien psychologique. Ils sont reconnus et organisés dans le parcours de soins en France.

L'activité physique adaptée occupe une place particulière. De nombreuses données montrent qu'une activité régulière, ajustée à votre forme, réduit la fatigue, aide à mieux supporter les traitements et soutient le moral. Elle peut être encadrée par des professionnels formés. Parlez-en à votre équipe pour trouver la formule qui vous convient. Pour décoder les termes employés, le glossaire peut vous aider.

Quand appeler l'équipe soignante selon l'effet secondaire
EffetQuand appeler l'équipe
Fièvre pendant une chimiothérapieSans délai (urgence) : possible infection en période d'aplasie
Vomissements ou diarrhéeSi vous ne pouvez plus boire ni vous alimenter
Saignements, bleus spontanésRapidement : possible baisse des plaquettes
Essoufflement, grande pâleurRapidement : possible anémie ou autre cause
Mucite douloureuseDès les premiers signes, avant aggravation
Éruption cutanée étendueRapidement, surtout sous immunothérapie
Douleur non soulagéeSans attendre, pour adapter la prise en charge

Quand contacter l'équipe soignante

Contactez l'équipe ou le numéro qui vous a été remis devant :

  • une fièvre supérieure à 38 °C ou des frissons pendant une chimiothérapie : c'est une urgence ;
  • des vomissements ou une diarrhée qui empêchent de boire et de manger ;
  • des saignements inhabituels, des bleus sans choc, une grande pâleur ;
  • une bouche trop douloureuse pour s'alimenter ;
  • une éruption cutanée étendue, surtout sous immunothérapie ;
  • une douleur qui apparaît ou n'est pas soulagée.

En cas de signe grave et brutal — forte fièvre avec frissons, difficulté à respirer, douleur thoracique, malaise — appelez immédiatement le 15 (SAMU) ou le 112.

Questions fréquentes

La fatigue pendant un traitement du cancer est-elle normale ?

Oui, la fatigue est l'effet secondaire le plus fréquent, quel que soit le traitement. Elle n'est pas un signe que la maladie s'aggrave. Une activité physique adaptée, un bon sommeil et le partage des tâches aident à la gérer. Si elle devient invalidante, il faut en parler à l'équipe, car certaines causes se corrigent.

Tous les traitements font-ils tomber les cheveux ?

Non. La chute des cheveux concerne surtout certaines chimiothérapies, pas toutes, et rarement la radiothérapie hors zone traitée, l'immunothérapie ou les thérapies ciblées. Quand elle survient, elle est presque toujours temporaire et les cheveux repoussent après le traitement.

Qu'est-ce que la mucite et comment la prévenir ?

La mucite est une inflammation douloureuse de la bouche qui peut gêner pour manger. Des soins de bouche réguliers et doux, une bonne hydratation et le suivi des conseils de l'équipe aident à la prévenir et à la soulager. Il faut la signaler tôt pour éviter qu'elle ne s'aggrave.

Peut-on faire du sport pendant un traitement contre le cancer ?

Oui, et c'est même recommandé dans la plupart des cas. L'activité physique adaptée réduit la fatigue, soutient le moral et aide à mieux supporter les traitements. Elle doit être ajustée à votre forme et à votre situation : votre équipe peut vous orienter vers un programme encadré.

Les effets secondaires sont-ils définitifs ?

La plupart des effets secondaires sont temporaires et régressent après la fin du traitement. Certains peuvent durer plus longtemps ou apparaître tardivement selon le traitement reçu. Un suivi est organisé pour les surveiller et les prendre en charge.

À qui parler de ses effets secondaires ?

À votre équipe soignante : oncologue, infirmière de coordination, médecin traitant, pharmacien. Les soins de support existent justement pour prévenir et soulager ces effets. Ne restez pas seul avec un symptôme : signalé tôt, il se gère presque toujours mieux.

Sources

  • Institut national du cancer (INCa) — e-cancer.fr, « Les effets secondaires des traitements » et soins de support
  • Assurance Maladie — ameli.fr, dossier « Cancer » et soins de support
  • Haute Autorité de Santé (HAS) — recommandations sur les soins de support en cancérologie
  • Ligue contre le cancer — information sur les effets secondaires et l'activité physique adaptée
  • Fondation ARC pour la recherche sur le cancer — « Vivre avec les traitements »

Dernière mise à jour : juin 2026

Rappel : ces informations sont générales et ne remplacent pas une consultation. Parlez de toute inquiétude à votre équipe soignante. Urgence : 15 (SAMU) ou 112.