Information générale. Cette page ne remplace pas un avis médical. Seul un professionnel de santé peut interpréter vos symptômes ou vos résultats. Urgence : 15 (SAMU) ou 112.

Tumeur de la vessie : sang dans les urines, faut-il s'inquiéter ?

Voir du sang dans ses urines fait peur, mais la cause est le plus souvent bénigne : une infection ou un calcul. Une tumeur de la vessie n'est pas forcément un cancer, et toutes ne sont pas graves. Ce signe doit cependant toujours conduire à consulter pour en chercher l'origine.

Points clés

  • Le sang dans les urines (hématurie) vient le plus souvent d'une infection ou d'un calcul.
  • Ce signe justifie toujours une consultation, même s'il ne survient qu'une fois.
  • Le tabac est le principal facteur de risque modifiable du cancer de la vessie.
  • La cystoscopie et la RTUV permettent de voir et d'analyser la tumeur.

Types de tumeurs de la vessie

La vessie est la poche qui stocke l'urine avant qu'elle ne soit évacuée. Sa paroi interne est tapissée d'une muqueuse, la couche de cellules au contact de l'urine. Une tumeur est une masse de cellules qui se multiplient anormalement ; ce mot, seul, ne dit pas si la lésion est grave.

Les lésions de la vessie sont souvent décrites comme des polypes : des excroissances qui poussent vers l'intérieur. Certaines sont bénignes ou très superficielles et faciles à retirer ; d'autres sont des cancers. La plupart des cancers de la vessie sont, au moment du diagnostic, dits « n'infiltrant pas le muscle » : ils restent en surface, ce qui change beaucoup la prise en charge. Pour comprendre cette distinction essentielle, voyez tumeur bénigne ou maligne.

Lésions superficielles et infiltrantes de la vessie
CaractéristiqueLésion superficielleTumeur infiltrante
AtteinteReste en surface de la muqueuseAtteint le muscle de la paroi
Fréquence au diagnosticLa plus couranteMoins fréquente
Traitement habituelRTUV, parfois instillations dans la vessieTraitement plus complet, avis spécialisé
SurveillanceRégulière car récidives possiblesSuivi rapproché

Symptômes possibles

Le signe le plus fréquent est le sang dans les urines, ou hématurie. Les urines deviennent rosées, rouges ou couleur thé. Souvent, il n'y a aucune douleur. Dans la majorité des cas, la cause est bénigne (infection urinaire, calcul), mais ce signe doit toujours être exploré. D'autres symptômes possibles :

  • des envies d'uriner plus fréquentes ou pressantes ;
  • des brûlures en urinant qui ne cèdent pas avec un traitement d'infection ;
  • une gêne dans le bas du ventre.

Ces signes ressemblent beaucoup à ceux d'une simple infection urinaire. C'est pourquoi une hématurie qui revient, ou des troubles urinaires qui persistent, méritent un avis. Voyez aussi les signes d'alerte généraux.

Causes et facteurs de risque

Avoir un facteur de risque ne signifie pas que l'on développera une tumeur. Selon l'INCa, les principaux facteurs sont :

  • le tabac, principal facteur de risque : les substances inhalées sont filtrées par les reins puis stockées dans la vessie, au contact de sa paroi ;
  • certaines expositions professionnelles anciennes (colorants, caoutchouc, peintures), qui peuvent ouvrir droit à une reconnaissance ;
  • l'âge et le sexe (plus fréquent chez l'homme et après 60 ans) ;
  • des infections ou irritations chroniques de la vessie.

Arrêter de fumer reste utile à tout âge. La page facteurs de risque propose une vue d'ensemble.

Diagnostic : les examens

Devant une hématurie, le médecin cherche d'abord à éliminer une cause bénigne. Le bilan peut comporter une analyse d'urine et une échographie ou un scanner.

L'examen de référence pour explorer la vessie est la cystoscopie : le médecin introduit par l'urètre (le canal qui évacue l'urine) une fine caméra pour regarder l'intérieur de la vessie. L'examen se fait sous anesthésie locale et dure quelques minutes.

Si une lésion est repérée, on réalise une RTUV (résection trans-urétrale de vessie) : une intervention par les voies naturelles, sans cicatrice externe, qui retire la tumeur de la paroi. Le tissu prélevé est analysé au microscope : cet examen anatomopathologique précise s'il s'agit d'une lésion bénigne ou d'un cancer, et jusqu'où elle s'étend. C'est seulement cette analyse, détaillée dans le compte rendu anatomopathologique, qui permet de conclure. Le parcours complet est décrit dans comment diagnostique-t-on une tumeur.

Traitements

Le traitement dépend de la nature et de la profondeur de la lésion. Il est décidé en équipe spécialisée (réunion de concertation pluridisciplinaire).

  • La RTUV est à la fois un examen et un traitement : pour beaucoup de lésions superficielles, le retrait suffit, avec une surveillance régulière.
  • Des instillations dans la vessie (un produit introduit par une sonde) peuvent être proposées pour réduire le risque de récidive.
  • Pour les tumeurs qui atteignent le muscle, des traitements plus complets sont discutés, pouvant associer chirurgie, chimiothérapie ou immunothérapie.

Les effets secondaires possibles sont expliqués et accompagnés par l'équipe.

Pronostic

Beaucoup de tumeurs de la vessie sont superficielles et bien prises en charge, au prix d'une surveillance régulière car elles peuvent récidiver. Les chiffres de survie disponibles sont des moyennes de population : ils décrivent de grands groupes et ne disent rien de précis pour une personne donnée.

Ce qui compte est le type de lésion, sa profondeur, et la réponse au traitement. Seul votre médecin peut situer votre situation. Pour apprendre à lire ces données avec recul, voyez pronostic et survie.

Quand consulter

Ces signes ne signifient pas que vous avez un cancer : leur cause est le plus souvent bénigne. Mais ils justifient un avis médical, sans urgence vitale :

  • du sang dans les urines, même une seule fois et même sans douleur ;
  • des troubles urinaires (envies pressantes, brûlures) qui persistent malgré un traitement ;
  • une gêne ou des douleurs du bas-ventre qui durent.

En cas d'impossibilité totale d'uriner, de fièvre élevée avec frissons, ou de douleur intense et brutale, n'attendez pas : appelez le 15 (SAMU) ou le 112. Pour d'autres repères : quand consulter ?

Questions fréquentes

Du sang dans les urines veut-il dire que j'ai un cancer ?

Pas forcément. Le sang dans les urines (hématurie) a le plus souvent une cause bénigne, comme une infection urinaire ou un calcul. Mais ce signe doit toujours conduire à consulter, même s'il ne survient qu'une fois et disparaît, car il fait partie des signes à explorer.

Une tumeur de la vessie est-elle toujours un cancer ?

Non. Certaines lésions de la vessie, parfois appelées polypes, sont bénignes ou très superficielles. Seule l'analyse au microscope d'un prélèvement permet d'affirmer la nature d'une tumeur. Une tumeur de la vessie n'est donc pas forcément un cancer.

Qu'est-ce qu'une RTUV ?

La RTUV, ou résection trans-urétrale de vessie, est une intervention réalisée par les voies naturelles, sans cicatrice externe. Le chirurgien passe un instrument fin par l'urètre pour retirer la tumeur de la paroi de la vessie. Le tissu retiré est ensuite analysé au microscope pour préciser le diagnostic.

Le tabac favorise-t-il le cancer de la vessie ?

Oui. Selon l'INCa, le tabac est le principal facteur de risque du cancer de la vessie, car les substances inhalées sont filtrées par les reins puis stockées dans la vessie. Arrêter de fumer reste utile à tout âge. La plupart des fumeurs ne développeront toutefois pas ce cancer.

Qu'est-ce qu'une cystoscopie et est-ce douloureux ?

La cystoscopie consiste à regarder l'intérieur de la vessie avec une fine caméra introduite par l'urètre. Elle se fait sous anesthésie locale et dure quelques minutes. Elle est généralement bien tolérée, avec parfois une gêne urinaire passagère après l'examen.

Sources

  • Institut national du cancer (INCa) — e-cancer.fr, dossier « Cancer de la vessie »
  • Haute Autorité de Santé (HAS) — recommandations sur le diagnostic et le suivi
  • Assurance Maladie — ameli.fr, « Tumeur de la vessie »
  • Ligue contre le cancer — information grand public

Dernière mise à jour : juin 2026

Rappel : ces informations sont générales et ne remplacent pas une consultation. Parlez de toute inquiétude à votre médecin. Urgence : 15 (SAMU) ou 112.